Les violences basées sur le genre (GBV) demeurent l’un des principaux défis sociaux au Rwanda, malgré les progrès réalisés en matière de protection des victimes, de sensibilisation et de poursuites judiciaires. Les autorités, les organisations de la société civile et les partenaires au développement réaffirment leur engagement à renforcer les mécanismes de prévention afin de réduire durablement ces violences.
Le Rwanda poursuit une stratégie qui combine prévention, protection des victimes, prise en charge médicale et psychosociale ainsi que sanctions contre les auteurs. Toutefois, les acteurs engagés dans la lutte contre les GBV estiment que les efforts doivent être intensifiés, notamment au niveau des familles et des communautés où de nombreux cas restent encore non signalés.
« Nous devons continuer à prévenir les violences avant qu’elles ne surviennent, tout en garantissant que chaque victime bénéficie d’une prise en charge rapide et complète », soulignent plusieurs intervenants impliqués dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
La prévention reste la principale priorité
Les campagnes de sensibilisation menées à travers le pays mettent particulièrement l’accent sur le changement des comportements, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l’éducation des jeunes.
Les spécialistes rappellent que la violence basée sur le genre ne se limite pas aux violences physiques. Elle comprend également les violences psychologiques, sexuelles, économiques et émotionnelles qui peuvent avoir des conséquences durables sur les victimes, leurs familles et la société.
Selon les autorités, la collaboration entre les institutions publiques, les collectivités locales, les écoles, les centres de santé et les leaders communautaires demeure essentielle pour détecter rapidement les situations à risque.
Les femmes et les enfants restent les plus exposés
Bien que les hommes puissent également être victimes, les femmes, les filles et les enfants continuent d’être les plus touchés par les violences basées sur le genre.
Les professionnels de la santé indiquent que les victimes souffrent souvent de traumatismes psychologiques, de blessures physiques, de difficultés économiques ainsi que d’une perte de confiance pouvant affecter leur vie pendant plusieurs années.
Les experts encouragent les victimes et les témoins à signaler rapidement les cas afin de permettre une intervention précoce des services compétents.
Les services de prise en charge se renforcent
Au fil des années, le Rwanda a développé plusieurs mécanismes destinés à faciliter l’accès des victimes aux soins médicaux, au soutien psychologique, à l’assistance juridique et à la protection sociale.
Les structures spécialisées permettent aujourd’hui une meilleure coordination entre les services de santé, la police, les autorités judiciaires et les travailleurs sociaux afin d’assurer une réponse plus efficace.
Toutefois, certains défis persistent, notamment la peur de dénoncer les auteurs, les pressions familiales, les tabous sociaux et la méconnaissance des services disponibles.
Une responsabilité partagée
Les organisations engagées dans la lutte contre les GBV estiment que l’élimination de ces violences ne pourra être atteinte sans l’implication active de toute la société.
Les familles sont appelées à promouvoir le dialogue, les établissements scolaires à renforcer l’éducation sur les droits humains et le respect mutuel, tandis que les communautés sont invitées à dénoncer toute forme de violence et à soutenir les victimes.
Les autorités rappellent enfin que la lutte contre les violences basées sur le genre ne consiste pas uniquement à sanctionner les auteurs, mais surtout à créer un environnement où chaque personne peut vivre en sécurité, dans la dignité et sans discrimination.
AVEC KAYITESI Ange
